lundi 25 mai 2020

Déconfinement à l'île de Sein

Déconfinement à l’île de Sein.

Samedi 17 mai.
A la marée du soir, j’"évacue" Java du mouillage de Penfoulic , pour la marina de Port La Forêt. Je « déconfine » du coronavirus  un peu en avance,  par dérogation préfectorale concernant les embarcations qui seraient bloquées par un marnage trop faible les jours suivants: presqu’une impression de filouter, presque l’impression du début de la fin de quelque chose avec la vraie vie qui rebourgeonne.  Java n'avait pas bougé depuis 7 mois ! Du jamais vu. 

Mercredi 20 mai.
Six heures du matin, la clarté s’impose peu à peu,  le fond de l’air est frais, le vent faible mais le ciel bien dégagé. Je quitte le ponton de Port La Forêt pour l’île de Sein avec une sensation bizarre de retrouver  l’air marin , un peu de mer, un peu d’espace perdu,  une certaine liberté d’action. Je suis à peine sorti de la passe de Port La Foret que des petits dauphins viennent à ma rencontre en bondissant comme des fous, sans doute heureux de revoir quelques bateaux. Vers 9 heures, après 3 heures de moteur pour faute de vent, après avoir virer " Spineg » au sud du Guilvinec,  je hisse les voiles, GSE et GV dans un vent de 12-14 noeuds, au  portant avec une vitesse de 5 noeuds sur une mer belle et dégagée. Un soleil généreux. nous réchauffait.  Que de demander de plus?



La pointe de Penmarc'h avec le phare d 'Eckmühl  inauguré en 1897, haut de 60 mètres      ( pas très breton comme nom et provenant  du titre de noblesse d'une généreuse donatrice!).


A 16 heures, après avoir remonté toute la baie d’Audierne et passé le raz de Sein tout sage à l’étale de haute mer, je suis près de la bouée verte de Kornoc et je m’apprête à effectuer quelques coups de pêche avec ma ligne. Normalement c’est un pêche garantie  … sauf  qu’évidemment ( ou pas) , le fil s’entremêle dans le moulinet et une fois encore, je suis bredouille. 



A gauche,  La Plate, jaune barré de noire,  puis le phare de La Vieille ( 27 mètres de hauteur  et premier allumage en 1887) sur son rocher de 10 mètres de haut) et le sémaphore à droite sur la falaise de la Pointe du Raz. Entre les deux, la baie des trépassés haut lieu de la lutte antinucléaire de Plogoff....





Je suis proche de l'île de Sein qui apparait au milieu de la photo: pas bien haute la tigresse, 1.5 mètre d'altitude moyenne seulement mais quel tempérament.


Allez hop, au port. A 16h30, j’ancre discrètement tout au fond, au calme sous la surveillance de centaines de goélands en vigie sur les immenses jetées défensives Est du port. Je suis bien, loin de la foule, confiné volontaire sans le savoir. Trois ans que je n’y étais pas revenu sur ce caillou. 

Jeudi 21 mai.
J’ai presque l’impression de ne pas avoir encore « déconfiner ». Pas de bruit artificiel: juste le souffle permanent, parfois envahissant  de la mer, juste les cris des multiples oiseaux de mer, juste le petit sifflement du vent du nord dans le gréement du voilier à l’échouage au fond de l’abri, près de la plage et des multiples grosses et petites roches qui tapissent la presque totalité du pourtour du port. Seul voilier ( sauf un petit local), Java se sent presque un peu seul planqué derrière une trentaine de « pêche-promenades » et de multiples bouées de corps morts désertes. 



                                                          Peinard. 


La mer est bientôt basse et Java sera complètement au sec me permettant de vérifier que l’hélice est claire et qu’il ne reste plus rien du petit bout ( cordage) qui s’y était engagé. 
Après avoir éliminé le magma d’algues autour de l’hélice et de son arbre ( pas de cordage, le coupe-orin avait fait son boulot), j’ai pris mon seau bleu, une grande cuillère et suis parti à la pêche à pied et hop quelques crevettes, un  dormeur de 17 cm et une étrille de 8 cm. Tout cela ira bien avec moi pour le déjeuner. 
L’après-midi, je suis descendu à terre avec mon annexe à roulettes pour faire le tour de la partie habitée. Les maisons sont toujours là sans grosse modification globale, même les couleurs restent les mêmes,  les mêmes jardins restent entretenus ou pas, les mêmes maisons restent fleuries ou pas… Tout cela a un aspect un peu figé qui fait du bien dans notre monde précipité. 




                                          Que faire d'autre que d'admirer?
J’ai peu de contact humain ici mais je m’y sens bien dans cette nature brute capable de tout aux commandes d'un  énorme curseur allant du pire au meilleur et du meilleur au pire selon son humeur. Beaucoup de choses ont été dites,  écrites, répétées sur ce petit bout de terre ridiculement bas sur pattes , au bout du Finistère: beaucoup de sottises parfois mais aussi beaucoup de réalités, beaucoup de perceptions, beaucoup de sensations, beaucoup d’amour, beaucoup de souvenirs, beaucoup de regrets, beaucoup de joie, beaucoup de souffrance… Rien d’étonnant, tant l’originalité est forte et le lieu improbable. Si on aime, on s’y imprègne. Sinon, on y revient pas. 



                  A l'ouest de l'île, amers naturels et artificiels se côtoient sobrement . 




                   Saint Corentin, une minuscule chapelle  à taille humaine, discrète, pommée  et mignonnette .  


Lundi 25 mai, 
Je suis toujours sur l’île de Sein mais hier soir je me suis rapproché des gens en allant mouillé devant le bar « chez Bruno » , toujours aussi bien entretenu, d’un jaune bien visible… mais encore fermé pour cause de covid 29! Peu de temps après, deux autres voiliers baroudeurs sont venus mouillés sur ancre, juste derrière moi ( un Trismus 37 et un Josua pour les connaisseurs).
Ce matin, je me suis rebaladé vers l’Ouest , en m’appliquant à suivre le sentier côtier puis à zigzaguer entre les vieux murs de pierres, le tout pour 5 kilomètres de marche au milieu d’un décor unique toujours aussi envoutant, avec la mer toujours présente, des rochers innombrables ( à la mer basse de petite grande marée.



                                              Le sphinx sur la route du "grand phare".






Belles ballades le long des sentiers côtiers fleuris: tapis de silènes, d'armérie, de fougéres, de chardons, de betteraves  ...  maritimes.






                      Et le petit chemin continue en se tortillant à sa guise.
 La visibilité est optimale : je vois le Menez Hom, les Tas de Pois et bien au-delà de la Pointe Saint Mathieu.  Le « Caillou » est toujours aussi bas sur l’eau et dégarni d’arbre, de haies ( rares arbustes , vu un palmier ). Mais la nature est agressive, les murs de protections près du phare de Goulenez ont volé en éclats, l ‘énorme cordon de galets empiète de plus en plus sur la terre, l’érosion attaque d’autres parties de côte … A une sensation de plaisir s’ajoute une angoisse projetée sur l’avenir de l’île, malgré les imposants et longs murs de protection eux aussi parfois abimés par les tempêtes d’hiver. 



            Vue côté mer, le sillon de galets qui avance inexorablement.





                    Vue côté terre, le haut sillon engloutit les murets ...



                             Vue côté rempart artificiel, c'est guère mieux.

En marchant, je m’imagine venir à Sein, voici tout juste un siècle où la population dépassait les 1000 habitants ( pour 0,5 KM2!!! ) : 1328 habitants  en 1936 , voire même 2000 pendant les 6 mois d’été où les Paimpolais venaient pêcher. Chaque famille possédait son petit lopin de terre ( juste quelques M2 pour certains, plan cadastral inexistant parce que impossible à dresser) abrité par les murets. Toute l’île en était recouverte dans ses moindres recoins comme en témoignent quelques rares anciennes photos: un véritable puzzle. Invraisemblable: plus de 2500 habitants au kilomètre carré. Quelle ambiance. J’imagine les cris des enfants, le port saturé, les nombreux commerces et bistrots, la misère mais peut-être aussi une certaine opulence pour certains quand je regarde les quelques belles bâtisses sur le quai sud. 



Difficile d'imaginer des dizaines et des dizaines d'embarcations dans ce port et pourtant ...
Difficile d'imaginer tous ces habitants et pourtant ... avec plus de 200 élèves  dans les écoles ...

Je suis venu à Sein  pour la première fois en août 1969, avec 2 potes. Nous étions parti du petit port de Bestré en Plogoff sur une petite vedette de passager en bois par temps de brouillard à couper au couteau. Comment pouvait-on naviguer ainsi dans des parages si rocheux et aux courants si violents? Tout à coup, Sein sortit de la brume, toute ensoleillée… Arrivé le matin et revenu en soirée, je ne me souviens pas de grand chose sauf de draps qui séchaient sur  la plage de galet toute proche de la cale, de quelques jardinets exploités , du quai sud chaud et animé, de ses petites ruelles étroites et d’un nom en particulier « rue du coq hardi » ,  du chemin menant au « grand phare » … L'exode y battait son plein. 



                                                    Rue typique de Sein. 


Puis j’y suis revenu en voilier à partir de 1980 et puis beaucoup plus souvent dans les années  1990-2008 et j'en garde des souvenirs mémorables de superbes ballades , de bonnes  parties de pêche et de certaines soirées bien festives…


Java ( biquille) à l'échouage devant le quai sud en compagnie de deux autres voiliers: un trismus 37 ( dériveur) et un autre sur béquilles d'une douzaine de mètres ( quille longue). En y choisissant bien son emplacement, les posées sont franches et l'endroit très agréable.


Coronavirus oblige, je me retrouve bien loin de mes projets de remontée vers l’Ecosse et la Norvège. C’est attirant de voir différent , mais c’est bien aussi de mieux profiter  des petits coins privilégiés. Venir à Sein,  hors saison, y rester au moins une nuit, se représenter la vie des îliens, prendre le temps d’un petit tour de l’île à pied avec ses jumelles et son appareil photo et laisser sa cervelle vagabonder sans limite… Le pied.  Mais sur quelques jours, c'est encore mieux.



Pour les navigateurs, je rajoute quelques mots sur les conditions de navigation et de mouillage à Sein.

Naviguer dans les parages de l'île et l'accès au port demandent beaucoup de prudence et de vigilance, en tenant compte de la force des courants et de la mer, en tenant compte de la force du vent et des coefficients de marée et en tenant compte de la difficulté de mouiller, en tenant compte des caractéristiques de son bateau.
A Sein, pas de pontons, pas de bouées visiteurs, il faut sortir son ancre. 

La plupart des  quillards ( ceux qui ne peuvent pas échouer) seront cantonnés dans l'avant port, dans un espace réduit et sur des fonds pas très sûrs. Les autres, dériveurs lestés et intégraux,  biquilles, multicoques ... pourront se faufiler dans l'abri du port qui semble vaste. En réalité, les bouées de mouillage  très nombreuses mais loin d'être toutes occupées avec parfois des  cordages trainant à la surface de l'eau, limitent considérablement les possibilités de mouillage. Les emplacements restants sont rarement très sûrs. Les fonds sont souvent tapissés d'une bonne épaisseur d'algues, les ancres accrochent mal et difficilement. Les pourtours de l'abri sont assez souvent rocheux et même dans les endroits les plus sablonneux, de nombreuses roches disséminées ( même si elles ne sont pas énormes) rendent difficile un mouillage serein et peuvent abimer coque et safran.
A mon avis, les meilleurs mouillages se trouvent perpendiculairement au quai sud, en face des  maisons et des quelques commerces où il est possible d'échouer sur des fonds sableux sains avec une ancre derrière et un bout d'amarrage devant enfilé dans les anneaux du quai.  Mais ici, attention aux coups de vents du nord-est au sud-est ( en passant par l'est  bien évidemment) qui peuvent engendrer du clapot et pousser les bateaux vers le quai, à marée haute. 
A mon avis, enfin, il me semble déraisonnable de venir à Sein quand les conditions météorologiques ne sont pas correctes ou les prévisions mauvaises. Passés 20-25 noeuds de vent, la sécurité des mouillages sur ancre devient aléatoire et les bateaux dérapent souvent dans des espaces exigus avec des roches à proximité. 
L'île de Sein est une merveilleuse escale , je dirais presque incontournable pour la beauté,  le côté improbable et magique du lieu, mais... 3 fois mais , elle demande une bonne étude du lieu, des conditions météorologiques, de son accès, une bonne expérience des techniques de mouillage,  doit tenir compte des capacités ou non du bateau à échouer ...
Dix fois oui pour se rendre à Sein avec son bateau, mais dix fois la prudence, dix fois la surveillance, la vigilance, dix fois l'anticipation ...  Mais quel bonheur!



Java à l'échouage au fond du port devant la "grande" plage, sur fond de sable, d'algues vertes mais aussi parmi des roches éparpillées cachées sur les algues brunes et suffisamment agressives pour abîmer le bateau. Par sécurité, ce genre de mouillage nécessite une présence à bord lors de l'échouage et du "déséchouage"  et parfois un déplacement de l'ancre pour éviter les chocs avec les roches. Le plaisir se mérite.



Kenavo.

Gildas. 


dimanche 8 septembre 2019

Côtes Atlantiques françaises: Yeu- Ré- Noirmoutier. Belle Île.

Côtes Atlantiques Françaises, Août 2019: Penfoulic-Yeu-Ré-Les Sables-Noirmoutier-Belle-île- Les Glénan




                                                           Beaucoup de Pétoles cet été.


Ce mardi 6 août , au matin, à 8h15 le temps est maussade lorsque je quitte mon poste,  au quai de Penfoulic . Je zigzague dans l’étroit chenal qui permet de sortir de l’anse puis gagne la baie de Concarneau que je traverse au moteur.
Ma destination, le Fiers d’Ars sur l’île de ré est à environ 150 miles. A 9h30, par petit vent, je suis sous voiles au près bon plein. Pendant un grain, le vent monte à plus de 15 noeuds. Jusqu’à 12 heures, le trafic tant des bateaux à moteur que des voiliers est dense. 
A 14 heures, j’ai laissé Groix à 7 miles environ sur bâbord. Sur tribord, une trentaine de bateaux de pêche sont au boulot ( comme un agglomérat sur mon écran GPS).  Je suis peinard sous le soleil revenu, vent de travers 10-12 noeuds. 
A 17 heures, je suis au large, à deux miles de la pointe de Talus au sud-ouest de Belle-île. Le vent commence à s’essouffler et je remets le moteur vers les 20 heures, pour deux heures de temps.  Puis je tente les voiles pendant deux heures mais je me traîne, à peine à deux noeuds. Je rencontre quelques cargos qui sont sortis  de l’embouchure de la Loire.
Ce jour, le mer était belle et j’ai vu énormément de groupes de petits dauphins peu enclins à s’amuser: bonjour, au revoir. 

Ce mercredi 7 août, à minuit, le vent devient quasi nul et je remets le moteur et le garderai ainsi  jusqu’à l’arrivée! Le trafic est nul comme le temps pendant deux heures où il pleut dans cette nuit noire,  sans visibilité.  Je surveille mon écran GPS et jette un coup d’oeil à l’extérieur toutes les 10 minutes. 
Je passe au large de l’île de Ré, peu de bateaux. Et puis au soleil levant, les bateaux de pêche sont nombreux et comme d’habitude, avancent dans tous les sens. 
A 11 heures, j’arrive au pertuis breton. A 12  heures, j’ai contourné, le long banc sableux du Bûcheron, et emprunte le chenal qui mène au Fiers d’Ars et vais mouiller devant La Patache, en face du Golf des Portes en Ré. J’échoue rapidement sur le sable et profite de la marée basse pour ramasser des coques et des pieds de couteaux. 
Le soir, le coucher de soleil est magnifique ( de loin le plus beau du séjour). 




Entrée dans le pertuis breton: beaucoup de bateaux pêchent par deux.



Même les goélands attendent le vent.



                                        Belle lumière sur Ars au soleil couchant, coté Est.



                                          Pas pire non plus à l'Ouest, avec éclat du phare des Poulains.



Java, peinard devant La Patache, en pleine saison touristique.



Mais tout le monde n'est pas en vacances: ça bosse sur les parcs du Fiers ( Java sur la droite).


Vendredi, Claudie est venue me rejoindre avec Vanille, notre chienne « centenaire ».  Nous resterons quelques jours dans le chenal qui mène au Vieux Port. Le Fiers d’Ars reste une valeur sûre pour qui recherche un super abri , loin de la foule, avec un bon garde manger de coquillages à volonté. Mais posséder un bateau qui échoue, augmente considérablement les possibilités de vagabondage. 

Le transport en annexe ou à pied ( si marée basse) de  la «centenaire » à terre 3 ou 4 fois par jour complique un peu la vie. Nous décidons de gagner le port de la Criée à Ars et de nous mettre au ponton pendant une huitaine de jours ( marina très calme, sanitaires propres, parking jamais complet et Ars à  quelques pas). 

Et puis, ballades à pied ...



                                                        Le long des allées boisées.


                                                           Le long des plages animées.



                             A la pointe des Poulains, les gens s'amusent avec les galets.




                                          Pas vertes les algues, mais elles s'entassent aussi .



                        Les Portes en Ré, à l'extrémité de l'île, adorée de la jet-set et des artistes.



Les Portes: village joliment rénovée. Bizarre ce calme en pleine saison.




                                                L'aigrette garzette  poignarde les poissons.



                   L'avocette "sabre" le fond de l'eau et fouille la vase avec son long bec retroussé.




                        La nerveuse échasse blanche, par contre, ne sonde que rarement la vase.


La mouette rieuse tapote le fond de l'eau avec les pattes, en reculant, pour faire sortir les proies.




Des faux-canards ... pour attirer des vrais!



           Escapade hors de l'île : chenal menant au joli village de Mornac-sur-Seudre près de Royan.

Mercredi 22 août.

A 8h30, je quitte Ars en Ré pour Les Sables d’Olonne pour environ 25 miles de navigation. Je sors du Fiers au moteur puis hisse les voiles. Le vent de nord-est de 10 noeuds est travers, la mer est belle et le temps très chaud. 
En tout début d’après-midi, je remonte le long chenal qui mène à la marina et à 14 heures, je suis au ponton dans la grande marina. 



                                                      Les halles sont magnifiques.



Le poisson rouge est un joli et  bon restaurant. Ci-dessus, tableau composé de dessins d'enfants ornant  ... le petit coin.



ça pêche toujours aux Sables.



Vendredi 23 août.

A 8h30, je quitte Les Sables d’Olonne pour le port du Morin à Noirmoutier pour environ 42 miles de navigation.  Le temps est beau, la mer belle, le vent de nord-est de 10 noeuds environ puis il a faibli progressivement et vers 15 heures, à 11 miles de l’arrivée , je mets le moteur , pêche à la traine, sans succès … en attendant la mi-marée avant d’entrer dans le port d’échouage où s’abritent des centaines de petits bateaux de pêche-promenade et quelques dizaines de voiliers , et seulement quelques places pour les visiteurs. Je suis content de retrouver ce port où Java m’a abrité pendant l'équivalent une année entière quand je faisais mes remplacements au cabinet médical. J’en garde de bons souvenirs , dans cet endroit calme et local, bien loin de la grosse pression touristique , avec plages et ballades dans les marais à proximité.  


Toujours aussi mignonnes, les cabines de bain à la plage des dames.



Jetée Jacobsen: superbe vue de Noirmoutier en l'Ile.







Lundi 26 août.

A 8h45, peu après la marée basse de petit coefficient , je quitte le Port du Morin en laissant bien à l’écart la bouée bâbord au bout de la digue ( gros ensablement), direction pointe du Talus de Belle Ile à 45 miles environ. 
Le vent de 10 noeuds est nord-est , donc travers tribord, la mer peu agitée. Rapidement, la brume s’installe, assez dense parfois. Le vent diminue progressivement et à 15 heures, à 16 miles de Belle île , le vent passe nord-ouest, très faible et je mets le moteur ( Encore? Ben Ouai! ) et décide d’aller passer la nuit au mouillage au port de Kérel , proche du sémaphore. 
A 18h15, je mouille dans ce super endroit que je na connaissais pas: très beau et grand mouillage bien abrité des vents d’ ouest à nord-est en passant par le nord. Nous serons une quinzaine de voiliers à y passer une nuit tranquille. 


Mardi 27 août.

A 7h25, je quitte Port Kérel pour les Glénan à environ 40 miles. Au magnifique soleil levant, je contourne, au moteur, la pointe du Talus  puis passe devant Port Goulphar dominé par son phare à un kilomètre dans les terres. 
A 8h45, un petit vent de nord nord-est s’est levé et je suis sous voiles au travers dans une mer un peu remuante ( comme toujours dans ces parages). Quelques cormorans se promènent souvent deux par deux. Plus au large, les fous de Bassan volent toujours de cette même manière puissante. 
Vers 10 heures, une bande de grands dauphins m’accompagne pendant une petite demi-heure. Ils sont moins vire-voltants que les petits dauphins mais leur présence est tout de même bien sympathique.  Le vent tombe puis passe rapidement nord-ouest, faible et pile poil dans le nez.  Penfret est à 27 miles. et … je mets le moteur. J’essaie depuis toujours de limiter au maximum l'aide du moteur mais je dois admettre que sans moteur, les temps de navigation seraient beaucoup plus élevés, surtout sur les petits trajets. Je possède Java depuis bientôt 9 ans , j’ai parcouru environ 20 000-22 000 miles dont environ 4 000 au moteur soit environ 20%. 



                  Lever du soleil sur la pointe du Talus qui cache le super mouillage de Kérel.

Je m’essaie à la pêche à la traîne, finis par sortir 2 maquereaux qui me serviront aussi d’appâts pour le casier et la pêche à la ligne. A 16 heures, je vais mouiller devant la plage sur la côte Est de Penfret puis change d’avis et vais mouiller près de la Roche Lambert à l’Est du Loc’h, par fond de sable . 



Mouillage du Loc'h déjà plus tranquille qu'en plein été avec que des voiliers à  l'échouage: 6 biquilles ( et oui: 2 westerly, 3 RM, 1 biloup ) , 2 dériveurs intégraux ( 1 feeling, 1 ovni), un dériveur lesté (1 moustequaire club)  et un quillard béquillé ( 1 arpège) .


                                                  Transparence extraordinaire de l'eau.



                                                Eh, eh, super les appâts de maquereaux.


Aux Glénan, les planches à voile sont encore de sortie.



Fin de la saison pour Java en attendant le printemps prochain pour une croisière plus nordique.

Gildas.

dimanche 18 août 2019

Les Glénan.

La Forêt Fouesnant, le 4 août 2019,

Le 1er août, en fin d'après-midi ( marée oblige),  Java a quitté son abri de Penfoulic pour une petite escapade de 3 jours aux Glénan: grandes marées et beau temps au programme.


                                        A bord, tout va bien. Equipière et moussaillon ravis.

Le vent ouest sud-ouest d'une dizaine de noeuds nous propulse gentiment et en silence jusqu'à Penfret. Nous serons parfois escortés par des groupes de petits dauphins toujours aussi toniques.
Après quelques zigzags dans l'archipel, nous irons mouiller devant  la magnifique grande plage nord nord-est de l'île du Loc'h, parmi les cris des goélands et des sternes.
Nous passerons une nuit tranquille parmi une petite douzaine de voiliers et vedettes à l'échouage.

Le 2 août au beau matin, nous mettrons pied à terre avec l'annexe et partirons pour un tour de l'île, la plage est encore quasi-déserte.


Mer descendante avec Fort Cigogne à droite et Saint Nicolas au milieu en arrière plan.  

                     
Je prends un plaisir fou à redécouvrir cet environnement marin breton tellement puissant et envoûtant,  aux multiples paysages rythmés par les marées.  Toute l'île a été clôturée pour protéger la nature des stupidités humaines. La ferme  a été rénovée. "Dans le temps",  j'ai galopé sur toute cette île, domaine des rats, avec des bâtiments en ruine.


La clôture en premier plan, puis la cheminée de l'ancien four à goémon,  avec l'étang à gauche et la ferme en arrière plan.



La végétation souffre de la sécheresse mais les petits moutons d'Ouessant ( au milieu de la photo) y trouvent tout de même leur bonheur.


                                                        Paysage sec mais coloré.

La randonnée est courte mais expose de magnifiques panoramas sous de splendides lumières et de sublimes couleurs. Je retrouve cette Bretagne vivante tant vivifiante.


                                       Etendues d'algues brunes, bien vivantes celles-là.



                                                           Beauté colorée d'estran.


              Superbe mais délicate zone d'échouage dans la baie ouest de l'île, proche des bâtiments.



                                                                Et toujours des couleurs!

Au retour sur la plage devant Java, le paysage a bien changé. La mer s'en est allée et de nombreux estivants sont arrivés avec canots, vedettes chargés des nécessaires de pêche,   de camping de plage... Nous profitons de la marée basse pour la pêche aux pieds de couteaux et patauger dans les flaques.


Les lieux s'animent: jusqu'à une centaine d'embarcations et quelques 300-400 personnes présentes mais dans une bonne ambiance.


      La zone de mouillage et d'échouage est grande et bien protégée, et Java est perdu dans la masse.



                         La mer remonte bien et les couleurs de l'eau deviennent bluffantes.

Après une deuxième nuit toujours aussi tranquille, nous avons profité d'une autre matinée de pêche et d'une après-midi de plage. Le soir, nous rentrons sur Penfoulig, toujours tranquillement à la voile et encore accompagnés par quelques groupes de dauphins.


                                                  Popoff sous voiles sur le chemin du retour.




    Nos nouvelles  jeunes pensionnaires qui elles aussi vont bientôt voyager pour hiberner loin de chez nous.


Gildas.